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1er Full Ironman



Full Ironman : le récit d’un défi de vie inoubliable


Le grand jour est arrivé : 2 juillet 2023, 7h30, départ pour une épreuve mythique, le Full Ironman. Au programme : 3800m de natation, 180km de vélo, et un marathon de 42km. Trois disciplines, un seul objectif : repousser mes limites.

Pour ce premier, j'ai choisi le Chtriman, épreuve qui se déroule dans le nord de la France à Gravelines près de Dunkerque. Parcours plat en vélo mais la météo pouvait être compliquée, déterminante pour le déroulement de la course. Nous y reviendrons.


Affiche officielle du triathlon Full Ironman, mettant en avant une athlète soulevant un trophée, symbole d'accomplissement et de dépassement de soi.

Natation : 3800 mètres dans le bassin de Gravelines


On ne peut plus faire marche arrière, malgré le stress, il faut se jeter à l'eau ! 3, 2, 1 BOUM c'est parti ! La nage se déroule dans le bassin d'aviron de Gravelines. Deux très belles lignes droites, avec des lignes de fond visibles pour être guidé plus facilement. N'étant pas un bon nageur, j'essaye de prendre un maximum les pieds (pour avoir l'effet d'aspiration) et j'essaye d'en faire le moins possible. Je clôture les 3800m en 1h17'45'', plutôt content !

Transition 1 : Préparer le vélo


La T1 se passe bien, je prends tout mon temps. J'enfile ce que j'ai de plus confortable pour être à l'aise sur le vélo, je mange et bois pour reprendre des forces. J'aperçois ma famille et amis qui sont venus me voir, ça me motive à 200% ! Ils seront déterminants pour la suite de l'épreuve. Après 6'29 j'enfourche ma monture et c'est parti pour les fameux 180km.

Cyclisme : 180km de défis contre le vent


Pour cette course, j'ai acheté un vélo de contre la montre. Plus rigide, plus aérodynamique, une vraie machine de vitesse. Néanmoins, il faut avoir les jambes pour envoyer les watts et surtout être à l'aise sur le vélo. Le parcours de 180 est réalisé sur une boucle 90 que nous faisons donc 2x. A la moitié de cette boucle, il y a un "mur", quelques centaines de mètres à des pourcentages passés 15% ! Il faut mettre une grosse cartouche pour le passer, hop hop hop ça passe ! La première boucle se passe bien mais une fois commencée la seconde, j'ai des douleurs à l'estomac. Je pense d'abord à un besoin urinaire mais après un arrêt rapide, ce n'est pas ça, j'ai toujours mal. Avec du recul, je pense avoir ingurgité trop de sucre trop vite, je n'ai pas eu le temps de tout digérer. Je décide de finir le vélo en mixant coca et eau grâce aux nombreux ravitaillements. En plus du mal de ventre, le vent s'est levé ! L'ennemi le plus redoutable en vélo, je ne suis pas à l'aise du tout. Les rafales de vent arrivent à me faire bouger car les roues hautes ont une grande prise. Sur de beaux tronçons de faux plats descendants, je n'arrive pas à me placer sur les prolongateurs tellement ça bouge et je trouve cela dangereux. 140e km j'ai le moral dans les chaussettes, je n'avance plus ! Le vent est vraiment violent. Ma moyenne diminue de plus en plus, c'est dur ! C'est à ce moment que mon ami Jean me rattrape ! Je n'y pensais plus du tout mais ça me boost instantanément ! On échange sur nos états de forme et on décide de mettre une belle cartouche pour clôturer les 180km qu'on finira ensemble. 6h02'19'' zut.. pas pu le faire sous les 6 heures mais pas grave gogogo !

Transition 2 : Préparation pour le marathon

T2, arrivé dans le parc à vélo où je vois de nouveau ma famille et mes amis (que j'avais aussi vus sur la boucle vélo wouw !), le mental est boosté en quelques secondes. Je prends le temps de me changer complètement pour mettre ce que j'ai de plus agréable pour attaquer les 42km. Après 7'16'', on prend le large avec Jean, à nous deux marathon !



Course à pied : Le marathon, une épreuve mentale 

J'étais en perdition d'énergie car plus rien avalé depuis 3h sauf du coca. Arrive le premier ravitaillement, je mange mais quelques minutes après j'ai de nouveau mal au ventre, grrrrr je râle !!! Même les gels ne passent plus. Ça se fera comme sur le vélo, eau/coca, pas du tout prévu et pas du tout optimal. On décide de le faire ensemble avec Jean, on se motive. Nous sommes tellement boostés que nous démarrons trop vite ! Nous devons être prudents pour ne pas nous cramer dès le début. Le parcours (4 boucles de 10,6km) n'est pas si facile car il y a de belles côtes et surtout ce vent qui ne nous quitte pas !! Jusqu'au bout, nous aurons à faire à lui mais c'est pareil pour tout le monde, on reste motivé ! A chaque tour, j'aperçois mon fan club, ça fait un bien fou ! Sur ce genre d'épreuve, le mental est tout aussi important que les jambes. Arrivé le 30e km, je me porte bien ! Jean est en perdition depuis le 20e et diminue son allure. Il me dit de continuer sans lui, ce que je fais (je m'en voudrai beaucoup, je n'aurais jamais du partir sans lui.. tout ça pour gagner 5'). Même si je vois mes proches, ça commence à être très dur mentalement mais aussi les jambes. Des débuts de crampes se font ressentir mais on continue ! Je vois mon coach de natation, que fait-il là ?! Il a de gros problèmes de santé et doit subir des traitements journaliers à l’hôpital. Il a quand même pris le temps de venir me voir, je ne peux donc pas baisser les bras !! 40e km, il en reste 2, mes jambes m'ont quitté, j'ai des crampes de partout, c'est la tête qui commande et qui me dit de continuer d'avancer. 41.. plus que quelques mètres. Je vois et j'entends mes amis, ma famille qui crient à proximité de la ligne d'arrivée. Je suis dans ma bulle, un monde parallèle. Je savoure et passe la ligne, je suis un IRON MAN !!! Tellement d'émotions, c'est indescriptible ce qui m'arrive. Je souhaite vraiment à tout le monde d'y goûter. Je clôture ce marathon en 4h14 pour un temps total de 11h48

 

Bilan : Une préparation intense et des émotions uniques

Après 6 mois de préparation intense (pas toujours simple entre mon déménagement en Suisse, l’opération des yeux, les blessures au dos et à la cuisse), je peux enfin savourer et me dire que j'y suis arrivé.. Il y a 10 ans, quand j'ai commencé la course à pied, j'avais entendu parler de personnes qui faisaient un marathon après avoir nagé et roulé, des fous me disais-je !!! Quelques années après.. C'est incroyable. Encore un grand merci à mon coach François qui s'est occupé du vélo/course à pied et à Arnaud pour la nage.

Un énorme merci à mes amis et famille qui ont fait le déplacement et pour les encouragements. Sans eux, je n'aurais sûrement pas aussi bien réussi.

A qui le suivant ?

Fun fact : Le lendemain 10h00, je ne savais plus marcher mais je m'inscris pour ce qui sera mon second full Iron Man en Allemagne.

Finisher du Full Ironman, médaille autour du cou, affichant un large sourire. Après des mois de préparation et une course éprouvante, la satisfaction d’avoir franchi la ligne d’arrivée est indescriptible.
Derniers mètres du Full Ironman, criant toute ma rage et mon soulagement en franchissant la ligne d’arrivée. Un mélange de douleur, d’émotions et de fierté après cet exploit.
1er Full Ironman
Thomas Theys 10 février 2025
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